Le record plongée apnée le plus célèbre appartient à l’Autrichien Herbert Nitsch : 214 mètres de profondeur en No Limit, homologués en 2007 en Grèce. Il n’existe pourtant pas un record unique. Chaque discipline (poids constant, immersion libre, statique, dynamique) a sa propre marque, chez les hommes comme chez les femmes, et deux fédérations, l’AIDA et la CMAS, publient leurs listes. Voici les chiffres de référence en novembre 2026, ce qu’ils racontent vraiment et les confusions à éviter, notamment autour des fameuses 29 minutes sous l’eau.
- Profondeur absolue : 214 m en No Limit, Herbert Nitsch, 2007.
- Record plongée apnée femme en profondeur : 160 m en No Limit, Tanya Streeter, 2002.
- Poids constant avec monopalme : 136 m pour Alexey Molchanov, 123 m pour Alessia Zecchini (2023).
- Statique homologuée : 11 min 35 s pour le Français Stéphane Mifsud (2009), 9 min 02 s pour Natalia Molchanova (2013).
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ToggleRecord plongée apnée : une discipline, plusieurs records du monde
Parler du record d’apnée au singulier revient à demander le record de l’athlétisme : la question n’a de sens qu’une fois l’épreuve précisée. L’apnée de compétition se divise en deux familles. Les épreuves en profondeur se courent en mer, le long d’un câble lesté. Les épreuves en piscine mesurent une durée ou une distance horizontale.
- No Limit (NLT) : l’apnéiste descend tiré par une gueuse lestée et remonte grâce à un ballon gonflé. C’est la discipline des profondeurs extrêmes, aujourd’hui très peu pratiquée en compétition à cause de ses risques.
- Poids variable (VWT) : descente avec une gueuse, remontée par ses propres moyens.
- Poids constant avec palmes (CWT) : descente et remontée à la force des jambes, avec une monopalme. Une catégorie distincte existe pour les bi-palmes (CWTB).
- Poids constant sans palmes (CNF) : la plus exigeante techniquement, à la brasse, sans aucun équipement de propulsion.
- Immersion libre (FIM) : l’apnéiste se hisse le long du câble avec les bras, à la descente comme à la remontée.
- Statique (STA) : immobile à la surface de l’eau, visage immergé, le plus longtemps possible.
- Dynamique (DYN, DYNB, DNF) : la plus grande distance parcourue sous l’eau en piscine, avec ou sans palmes.
Cette multiplication explique pourquoi deux articles peuvent annoncer des chiffres très différents sans qu’aucun ne se trompe. Pour comparer, il faut toujours vérifier trois éléments : la discipline, la fédération qui a validé la performance et la date.
Records du monde d’apnée en profondeur : les chiffres qui font foi
Le tableau ci-dessous rassemble les marques les plus recherchées, telles qu’elles figurent dans les listes de l’AIDA International à la date de rédaction. Les records évoluent souvent pendant l’été, saison des grandes compétitions en mer : un chiffre de 2023 peut être battu lors de la saison suivante.
| Discipline | Record homme | Record femme |
|---|---|---|
| No Limit | 214 m, Herbert Nitsch (Autriche), 2007 | 160 m, Tanya Streeter (Royaume-Uni), 2002 |
| Poids constant monopalme | 136 m, Alexey Molchanov (Russie), 2023 | 123 m, Alessia Zecchini (Italie), 2023 |
| Poids constant bi-palmes | 126 m, Arnaud Jerald (France), juillet 2025 | Marque régulièrement disputée, à vérifier sur la liste AIDA |
| Statique | 11 min 35 s, Stéphane Mifsud (France), 2009 | 9 min 02 s, Natalia Molchanova (Russie), 2013 |
Le record de Herbert Nitsch a été réalisé le 14 juin 2007 au large de Spetses, en Grèce. En 2012, à Santorin, l’Autrichien est descendu à environ 253 mètres, mais il a été victime d’un grave accident de décompression lors de la remontée. Cette plongée n’a jamais été homologuée : les 253 mètres que l’on croise sur certains sites restent une performance hors classement, pas un record officiel. L’épisode a d’ailleurs beaucoup contribué à la mise à l’écart du No Limit dans les compétitions.
En poids constant, la référence la plus parlante pour mesurer le niveau d’un apnéiste, les progrès restent continus. Alexey Molchanov, fils de Natalia Molchanova, domine la discipline depuis une décennie. Côté bi-palmes, le Français Arnaud Jerald a battu son propre record du monde en juillet 2025 en atteignant 126 mètres, une marque qui confirme la place de l’école française dans cette catégorie.
Record du monde apnée femme : marques et championnes de référence
Les recherches sur le record apnée femme ont fortement progressé ces dernières saisons, portées par une génération d’athlètes très médiatisées. Trois noms reviennent systématiquement, chacun associé à une époque et à une discipline.
Natalia Molchanova, la championne du monde d’apnée la plus titrée
La Russe Natalia Molchanova a accumulé 41 records du monde et 23 titres de championne du monde au cours de sa carrière. Son record de statique, 9 min 02 s établi en 2013 à Belgrade, n’a toujours pas été battu dans les listes officielles. Elle a disparu en août 2015 lors d’une plongée d’entraînement au large d’Ibiza, en Espagne. Sa disparition a profondément marqué la communauté et relancé le débat sur la sécurité, y compris pour les plus expérimentés.
Tanya Streeter, un record plongée apnée femme intact depuis 2002
Avec 160 mètres en No Limit, réalisés en 2002 dans les îles Turques-et-Caïques, la Britannique Tanya Streeter détient l’un des records les plus anciens de l’apnée. À l’époque, elle avait même dépassé la meilleure marque masculine de la discipline. La quasi-disparition du No Limit en compétition rend peu probable une nouvelle tentative homologuée à court terme.
Alessia Zecchini et Alenka Artnik, la rivalité du poids constant
L’Italienne Alessia Zecchini et la Slovène Alenka Artnik se sont échangé le record du monde féminin de poids constant avec palmes au fil des saisons. Zecchini l’a porté à 123 mètres en 2023. Pour suivre les nouveautés de l’apnée féminine, les rendez-vous à surveiller sont les compétitions estivales en profondeur, comme Vertical Blue aux Bahamas ou les championnats du monde organisés par l’AIDA et la CMAS : c’est là que la plupart des records tombent.
Record d’apnée statique : 11 minutes 35 ou 29 minutes ?
C’est la confusion la plus répandue en 2026. En juin 2025, l’apnéiste croate Vitomir Maričić est resté 29 minutes et 3 secondes sous l’eau. Le Guinness World Records a validé cette performance en septembre 2025. Pourtant, les fédérations d’apnée ne la reconnaissent pas comme un record de statique.
La raison tient à la préparation : avant de s’immerger, Maričić a respiré de l’oxygène pur pendant plusieurs minutes, ce qui sature l’organisme et allonge considérablement la durée possible. Le Guinness tient une catégorie spécifique pour ce type de tentative. Les règles de l’AIDA et de la CMAS imposent au contraire de respirer de l’air ambiant. La performance homologuée de référence reste donc celle de Stéphane Mifsud : 11 min 35 s, réalisée à Hyères en 2009. Les deux chiffres sont exacts, mais ils ne mesurent pas la même chose.
Les Français dans l’histoire des records d’apnée
La France occupe une place à part dans cette histoire. Jacques Mayol a été le premier à descendre à 100 mètres, en 1976, puis à 105 mètres en 1983, à 56 ans. Sa rivalité avec l’Italien Enzo Maiorca a inspiré le film Le Grand Bleu, qui a fait découvrir la discipline à des millions de spectateurs.
Guillaume Néry a ensuite enchaîné plusieurs records du monde de poids constant dans les années 2000. En 2015, lors des championnats du monde à Chypre, une erreur de mesure du câble l’a conduit à 139 mètres au lieu des 129 prévus, avec un accident sérieux à la clé. Stéphane Mifsud tient toujours la statique, et Arnaud Jerald incarne la génération actuelle en bi-palmes. Haut niveau oblige, ces athlètes s’appuient sur une préparation physique, mentale et médicale qui n’a plus grand-chose à voir avec la pratique de loisir : la page consacrée au Haut niveau détaille ce que ce statut implique pour un sportif et son encadrement.
Comment un record d’apnée est homologué
Une performance ne devient un record qu’après validation par des juges, selon un protocole strict. L’athlète annonce sa profondeur à l’avance. Il doit ensuite descendre jusqu’à la plaque fixée au câble, récupérer un témoin (le tag) et remonter sans aide.
Le moment décisif se joue à la surface. Dans les secondes qui suivent l’émersion, l’apnéiste doit retirer son masque, faire un signe convenu et prononcer une formule de contrôle, en restant parfaitement lucide. Une perte de contrôle moteur, la fameuse samba, ou une syncope entraîne un carton rouge et l’annulation de la plongée, même si la profondeur a été atteinte. Le carton blanc valide la tentative, qui doit ensuite être ratifiée par la fédération, contrôle antidopage compris pour les records.
Ce cadre explique pourquoi certaines plongées spectaculaires ne figurent dans aucune liste : tentatives solitaires, absence de juges, préparation non conforme ou accident à la remontée.
Erreurs fréquentes en lisant un record d’apnée
- Confondre les disciplines : comparer 214 mètres en No Limit avec 136 mètres en poids constant n’a pas de sens, l’effort demandé n’est pas le même.
- Mélanger AIDA, CMAS et Guinness : chaque organisme a ses règles et ses listes. Une marque Guinness n’est pas un record fédéral.
- Retenir une plongée non homologuée : les 253 mètres de 2012 ou certaines tentatives médiatisées n’ont jamais été validés.
- Se fier à un chiffre non daté : en profondeur, les records changent presque chaque été. Un article de 2021 peut être largement dépassé.
- Croire que l’entraînement suffit à reproduire ces performances : derrière chaque record, il y a des années de progression encadrée et une équipe de sécurité complète.
De la fascination des records à une apnée loisir en sécurité
Les records font rêver, mais ils ne servent pas de modèle pour une pratique personnelle. L’apnée présente un risque réel de syncope, souvent sans signe annonciateur, en particulier dans les derniers mètres de la remontée. La règle de base ne souffre aucune exception : ne jamais pratiquer seul, toujours avec un binôme qui sait intervenir, et de préférence au sein d’un club affilié à une fédération. Un avis médical avant de commencer est recommandé, surtout en cas de problème cardiaque, respiratoire ou ORL.
La préparation à terre aide à progresser plus sereinement. Certains apnéistes observent l’évolution de leur fréquence cardiaque au repos avec une montre et une application comme Polar Flow, pour suivre leur récupération plutôt que pour chercher une performance. Dead hang, gainage et mobilité de la cage thoracique complètent souvent ce travail : le Dead hang renforce les épaules et la préhension, utiles pour l’immersion libre le long du câble.
L’apnée est aussi un terrain d’inclusion. Sportive handicapée ou valide, chacun peut trouver une forme de pratique adaptée en piscine ou en milieu naturel : notre dossier sur la Sportive handicapée revient sur les classifications et la préparation physique. Enfin, ce goût pour la performance mesurée ne se limite pas à l’eau : on le retrouve chez les randonneurs et traileurs qui suivent de près le gr20 distance record en Corse.
+Quel est le record de Jacques Mayol en apnée ?
Jacques Mayol a été le premier homme à franchir 100 mètres en No Limit, en 1976, au large de l’île d’Elbe. Il a ensuite atteint 105 mètres en 1983, à 56 ans. Ces marques ont été dépassées depuis, mais elles restent des repères historiques.
+Quel est le record en apnée en profondeur ?
Le record absolu homologué est de 214 mètres en No Limit, établi par Herbert Nitsch en 2007. Sans gueuse, avec la seule force des palmes, le record masculin en poids constant est de 136 mètres (Alexey Molchanov, 2023).
+Qui détient le record du monde d’apnée chez les femmes ?
Tout dépend de la discipline. Tanya Streeter garde le record No Limit avec 160 mètres (2002), Alessia Zecchini celui du poids constant avec monopalme à 123 mètres (2023) et Natalia Molchanova celui de la statique avec 9 min 02 s (2013).
+Pourquoi les 29 minutes de Vitomir Maričić ne comptent-elles pas comme record d’apnée officiel ?
L’apnéiste croate a respiré de l’oxygène pur avant sa performance de juin 2025. Le Guinness World Records l’a validée dans sa propre catégorie, mais les fédérations d’apnée interdisent cette préparation. Le record de référence en statique reste donc de 11 min 35 s.
+Un débutant peut-il s’approcher de ces profondeurs ?
Non, et ce n’est pas l’objectif. Les recordmen s’entraînent pendant des années sous encadrement. En loisir, on progresse en club, par paliers, jamais seul, avec un binôme formé à la sécurité et un avis médical préalable.




